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"le post-doc vu par les post docs"

 

 Présentation de nos invités:

Sandrine Lacour : a effectué son DEA à Lyon puis son stage ainsi que sa thèse dans le domaine de la coancérologie à l'unité INSERM 517 (Dijon). Elle est  actuellement en post-doc (toxicologie) depuis plus de 3 ans chez Sanofi-Aventis à Maison-Alfort. Son théme de recherche est axé sur les effets secondaires de médicaments.

Guénolée Prioult :  dans le cadre de sa formation d'ingénieur à l'ENSBANA est partie faire un stage au Canada puis a réalisé un Master et une thèse au Québec en Science de l'alimentation. 2 Post Doc, un premier à Boston dans un labo académique mais avec un financement privé (Nestlé Suisse) suivi d'un deuxieme chez Nestlé en Suisse (elle y est depuis 6 mois).

Arnaud Jacquel : a effectué un DEA de biochimie à Nice, une thèse dans l'unité INSERM 526 (Nice). Il est actuellement en post-doc à  l'unité INSERM 517 depuis une dizaine de mois.

 

 Recherche du Post Doc:

Pour Sandrine Lacour, sa recherche de Post Doc a été ciblée sur le privé, sur une dizaine de demandes  envoyées à diverses start-up et entreprises, deux ont aboutit à un entretien, un débouchait sur un contrat de 18 mois chez Servier et l'autre sur 3 ans chez Sanofi. La durée de contrat la plus long a été choisie.

Pour Guénolée Prioult, 8 mois avant la fin de sa thèse elle a envoyé une lettre dans un labo qui l'intéressait et a été retenue après un entretien. Elle a ensuite solicité Nestlé pour le financement. Son retour en Europe répond à un besoin de Nestlé. 

Enfin, pour Arnaud Jacquel cela s'est fait assez naturellement dans le cadre de collaboration entre les deux unité INSERM, avec les critères qu'il s'était fixés : rester en France, dans le public et dans son domaine de recherche.


Financement:

 Sandrine Lacour est financée par l'INSERM dans le cadre d'un contrat de collaboration entre Sanofi-Aventis et l'INSERM. Guénolée Prioult est maintenant en CDD Nestlé. Pour Boston, la recherche de financement s'est effectuée de la même manière que pour un post doc dans le domaine académique (défense d'un dossier avec projet + labo). Arnaud Jacquel est financé par la Ligue Nationale Contre le Cancer (démarche projet + labo => demande de financement aux différents organismes).

Dans le cadre d'un financement privé (exemple de Nestlé), post doc ou thèse, soit le temps est partagé 50/50 entre la fac et l'entreprise, soit 100% à la fac, soit 100% dans l'entreprise. Pour le cas de Sandrine Lacour, le financement est officiellement public mais l'encadrement est privé. Il existe aussi chez Sanofi-Aventis des post doc de type CDD, financés par Sanofi-Aventis directement.

Pour ce qui est des financements dans le public, les bourses financées par des associations telles que la ligue contre le cancer, l'ARC.... ne donnent pas de statut. en revanche lorsque que le financement est sous forme d'un CDD (ce que l'Arc commence à faire), il y a des cotisations (sécu, chômage, retraite). Un point bon à savoir concernant ces bourses : il est recommandé de prendre personnellement une assurance pour soi et pour les autres. Etant donné que la post-doctorant n'a pas de statut,  l'université ne couvre pas les accidents de labo. Alors que ces mêmes accidents sont couverts lors de la thèse. Les cotisations pour ce type d'assurance peuvent atteindre des sommes exorbitantes, le post doc étant considéré comme un sujet à haut risque (activité de labo)... L'assurance responsabilité-civile ne fonctionnant pas dans ce cas, il ne reste plus qu'à espérer qu'il n'arrive rien car cela est impossible de payer de telles sommes en assurance.

à noter:
- lors du recrutement Inserm (CR) l'inserm rachète les années de cotisation retraite du post-doc (pas de la thèse).

- les années de cotisations à l'étranger de Guénolée Prioult n'ont pas été perdues grâce à son financement par Nestlé dès sa thèse. A son retour en France tout sera récupéré.

Récemment chez Sanofi-Aventis, un financement par CDD à été créé grâce à une collaboration européenne entre une dizaine d'entreprises pharmaceutiques, dans le but de developper des médicaments, techniques et stratégies dans le cadre européen.

 La question qui fâche: "Combien gagnez vous actuellement ?" a bien évidemment été abordée mais nous n'avons pas obtenu de réponse...

 

 Déroulement du Post Doc:

 Le statut dépend clairement du financement. Sandrine Lacour possède un statut de stagiaire dans son entreprise et ne peut donc pas avoir accès à toutes les formations existant chez Sanofi-Aventis, ces formations étant reservées aux statutaires. Il est cependant très important de faire des formations complémentaires lors de son post-doc. Guénolée Prioult, chez Nestlé, a accès à des formations complémentaires qui sont évaluées selon le profil du candidat, selon qu'il soit plus chercheur ou entrepreneur et aussi selon les envies de la direction.

 Dans le privé, ce qui prime est la rentabilité. La recherche doit être efficace et les projets sont courts (1 à 4 ans) avec des objectifs par semestre, des rapports d'activité mensuels. Il faut s'adapter au fait que les décisions portant sur la conduite des projets soient prises par des personnes non scientifiques, contrairement au public. Les interlocuteurs et donc leurs priorités sont totalement différentes...

 Au cours du post-doc public quasiment la totalité du temps de travail est dédiée aux expéreinces. Il est autrement dans le privé. par exemple, chez Nestlé,  Guénolée Prioult passe 50% de son temps pour l'administratif alors que Sandrine Lacour chez Sanofi est plutôt à 80% à la paillassse.


 Chez Sanofi-Aventis, il y a surtout des pharmaciens, des médecins et des techniciens. Les post-doc et les doctorants sont de moins en moins recrutés. Par contre, chez Nestlé (et également chez Danone), la politique est complétement différente, puisqu'il y a toujours beaucoup de doctorants et de post-docs, en contrats de 2 ans pour les post-docs.

    les intérêts du privé pour Guénolée Prioult et Sandrine Lacour sont:

          - meilleures conditions de travail (budget)

          - possibilité de changer de travail (marketing, consulting)

          - mutations possibles à l'étranger

          - travail beaucoup plus varié


Le post-doc aux Etats-Unis (Guénolée Prioult) permet d'avoir de nombreux contacts et un grand réseau utile pour la suite. Elle a beaucoup apprécié l'ambiance : beaucoup de motivation, de rapidité dans la mise en oeuvre, d'enthousiasme, de collaborations, de moyens et de publis. Il faut bien choisir sa ville surtout si on veut y rester par la suite. Les villes qui sont les plus actives et agréables sont : Boston, Chicago, New York et San Fransisco.

le post-doc à l'étranger permet aussi de parler anglais ce qui est un grand atout dans le privé.

Chez Sanofi-Aventis, Sandrine Lacour a eu des cours d'anglais (labo de langue, entretiens avec des profs)

 

le recrutement dans le privé demande parfois le TOEFL (avec 750 points minimum)

 L' après Post Doc:

Dans le privé, les évolutions de carrières sont plus faciles. Il faut savoir s'adapter rapidement. Il est possible de passer du R&D au marketing, à la recherche clinique....

Par contre après un post doc privé il n'y a pas forcément plus de chances d'être embauché en CDI. Tout comme dans le public, il reste difficile d'obtenir tout de suite après son post-doc un poste de statutaire.

Un handicap pour passer du privé au public après son post doc est la condentialité de recherches réalisées. De plus ces recherches ne sont sont pas obligatoirement publiées. Il faut d'abord déposer un brevet pour ensuite publier les résultats qui sont de ce fait protégés.

Une chose encourageante est que chez Nestlé et Danone, un nombre important de Docteurs sont embauchés (environ 500 docteurs sur 700 personnes). En revanche chez Sanofi-Aventis la balance est inversée. Le nombre de médecins et de pharmaciens est important par rapport aux biologistes.

Pour le post-doctaorant qui brigue un poste dans la recherche publique, il est très important qu'il soit soutenu par son laboratoire d'origine (thèse). de plus, il existe des aides au retour après un post doc à l'étranger, mais après 2 ans de ces aides, le candidat se retrouve souvent au chomage.

 

CONCLUSION:

Dans tous les cas, si vous envisager d'effectuer un post-doc. Il faut que vous ayez envie de le faire, cela dure encore trois à six ans après la thèse, sans réel statut et sans assurance d'un poste lors de votre retour.

En ce qui concerne le post-doc dans le privé, le but est d'élargir ses compétences alors que pour le post-doc académique le but est d'être à la pointe, se perfectionner dans son domaine. Cela constitue deux visions totalement différentes et il est important de faire son choix en connaissance de cause dès le debut de ses recherches de son post-doc.

Le choix public / privé correspond à un choix en terme d'emploi que l'on veut exercer par la suite. La réflexion doit se faire durant la thèse.

 

 

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